Les Verts: transformation du secteur du tourisme
Le tourisme contribue de manière essentielle au dynamisme de l'économie suisse, en particulier dans l'espace alpin. Pourtant, alors que ce secteur est en pleine croissance à l'échelle mondiale, en Suisse, il subit un ralentissement. En raison de la concurrence internationale, la pression est forte pour développer de nouvelles régions et investir dans de nouvelles infrastructures. Cette compétition s'observe en particulier dans le domaine des sports d'hiver. L'expansion incontrôlée des domaines skiables conduit à l'explosion des coûts et empiète de manière irresponsable sur le milieu naturel.
La nature et le paysage sont les deux principaux atouts du tourisme en Suisse. Les stations touristiques ne s'engagent pas suffisamment pour sauvegarder ce qui fait leur richesse, et cela vaut aussi pour les cours d'eau, en particulier les lacs. Des mesures doivent être prises pour protéger les régions sensibles et une instance supérieure est nécessaire pour coordonner la planification. La Suisse doit miser sur une croissance qualitative du tourisme indigène et cultiver le souci du détail qui a fait sa renommée.
Comme le montre une étude de l'université de St. Gall, quatre Suisses sur cinq recherchent la proximité de la nature quand ils choisissent une destination de vacances. Les organisateurs de voyages et les offices de tourisme jouent donc à fond la carte de l'écologie. L'éco-tourisme a un énorme potentiel de développement. Par bonheur, il existe toujours davantage de lieux touristiques et d'activités de loisirs qui respectent la nature et le paysage. Ce type d'offre mise sur la qualité et la lenteur, les transports publics et les produits saisonniers. Les parcs naturels régionaux et les réserves de biosphères sont des exemples de cette nouvelle approche, que la Confédération et les cantons se doivent d'encourager.
Parallèlement aux efforts de protection de la nature et du paysage, un éco-tourisme crédible doit s'engager pour des mesures plus vigoureuses contre le réchauffement climatique, auquel le tourisme contribue (5% des émissions nocives résultent de la mobilité touristique, notamment du transport aérien). Mais le tourisme est également menacé par la fonte des glaciers et du permafrost. Un tourisme de proximité semble être la solution. La restauration et l'hôtellerie peuvent également faire beaucoup, en promouvant les stations sans voitures et les hôtels écologiques.
Mesures incitatives
- Ratifier sans délai le protocole de l'Initiative des Alpes.
- Mettre en place une planification coordonnée du tourisme en Suisse selon un plan sectoriel de la Confédération. L'arc alpin a un rôle important à jouer.
- Orienter le tourisme suisse vers plus de durabilité. Une politique fédérale doit être mise en oeuvre à ce sujet.
- Refuser tout soutien de la Confédération pour des installations non écologiques comme les canons à neige et les infrastructures touristiques en haute montagne. Les stations qui ne bénéficient pas d'un enneigement suffisant ou dont le domaine skiable est trop petit n'ont aucun droit à des compensations.
- Définir et faire aboutir des standards écologiques minimaux pour les installations de transports à câble et autres infrastructures touristiques. Lors de l'octroi de concessions pour des installations touristiques, il faut pouvoir garantir que la construction et l'exploitation de celles-ci ménagent le paysage, en particulier par l'utilisation d'électricité provenant à 100% de sources énergétiques renouvelables.
- Lancer et faire connaître un label garantissant la qualité de l'offre touristique(Goût Mieux, label Bouquetin).
- Taxer le trafic aérien de manière à ce que ses coûts externes soient couverts et que les objectifs climatiques puissent être atteints.
- Soutenir les réserves de biosphère et les parcs naturels par des subventions fédérales et cantonales.
Prescriptions
- Régler de manière contraignante lors des nouvelles concessions accordées aux chemins de fer de montagne le devoir de restituer les lieux dans leur état originel en cas d'arrêt de l'exploitation.
- Interdire les pratiques particulièrement nuisibles telles que l'héliski.
- Limiter la para-hôtellerie, qui conduit au mitage des régions touristiques. En l'absence d'un meilleur instrument la Lex Koller doit être conservée.
