La Charte de la durabilité est-elle un tigre de papier?

Que font les 26 signataires de la Charte de la durabilité pour le tourisme suisse? La Fédération suisse du tourisme (FST) a voulu le savoir et a interrogé les offices du tourisme concernés. Résultat: deux tiers des signataires se montrent très dynamiques.

Les 26 offices et fédérations du tourisme ont fait preuve de créativité et ont développé différentes solutions permettant de mettre en œuvre la durabilité dans le tourisme.

  • Des nouvelles offres pour les touristes: ils peuvent sélectionner les prestations touristiques en fonction de critères environnementaux, compenser les émissions de CO2 de leur hébergement, réserver des offres écologiques ou s’informer dans la brochure «Guide écomobilité» sur les destinations de sports d’hiver bien desservies par les transports publics.
  • ­Mesures de sensibilisation des membres: la principale mesure consiste à nommer de préférence des partenaires certifiés dans la communication touristique. De nombreuses organisations se servent des instruments d’informations classiques tels que les rapports et newsletters de durabilité, les brochures, les plateformes ou les informations sur les labels de durabilité dans le tourisme.
  • Mesures dans l’entreprise et à l’intention du personnel: essentiellement audits, bilans environnementaux, systèmes de gestion environnementale et formations du personnel.
  • Autres nouvelles offres chez les tiers: la haute école de Lucerne a développé une formation continue en management (CAS) intitulée «Durabilité dans le tourisme». Le projet «Gestion de la durabilité dans les destinations» montre aux destinations comment mettre en œuvre la durabilité.

Les deux tiers font preuve de dynamisme

Les deux tiers des 26 organisations ont ancré le développement dans leurs objectifs stratégiques et seront distinguées par un label écologique ou de durabilité fin 2012.

La durabilité n’est pas «sexy»

La FST a aussi demandé aux signataires ce qui freinait la mise en œuvre de la Charte. Raisons les plus fréquemment nommées:

  • manque d’influence sur les entreprises touristiques et les tour-opérateurs,
  • le mandat de prestation de l’organisation est limité à la promotion du tourisme,
  • la durabilité n’est pas «sexy» pour le marketing.

Et après?

Pour que le tourisme puisse atteindre ses objectifs de durabilité et être bien armé pour le futur, la FST émet les recommandations suivantes:

  • Les cantons et les communes doivent intégrer à leurs mandats de prestations les objectifs de durabilité des offices du tourisme.
  • Il faut proposer des manifestations thématiques sur les aspects de la durabilité, afin de minimiser leur complexité: mobilité, manifestations de masse, formation, formation des offres, développement régional etc.
  • Mesures plus axées sur les différents acteurs du tourisme: destinations, branches, prestataires, fédérations, communes.
  • Disposition à aborder la durabilité dans la communication et le marketing et à l’employer avec rigueur dans toutes les actions entreprises.

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